26 mars 2017

L'ANNÉE SOLITAIRE - ALICE OSEMAN

« Extraordinaire, ce n'est jamais qu'une extension d'ordinaire. » 
 

Titre : L'année solitaire

Auteur : Alice Oseman

Édition : Nathan

Pages : 405

Prix : 16,90

Résumé :

On est censés vivre la plus belle période de notre vie. On est jeunes, on est en train de décider de notre avenir (c'est en tout cas ce qu'on nous répète), on a des amis. Mais en fait, tous, on attend que quelque chose change. Becky, ma meilleure amie avec qui je rigole de moins en moins. Lucas, qui réapparaît dans ma vie après toutes ces années. Mon frère Charlie, la plus belle personne que je connaisse. Michael Holden, avec son sourire trop grand. Et moi, la fille la plus misanthrope et pessimiste du lycée. On attend tous que quelque chose change.



Mon avis :

Alice Oseman a écrit ce roman alors qu'elle n'était encore que lycéenne. Ma curiosité m'a piquée au vif. Je devais lire ce livre pour voir de quoi il en retournait. Et je n'ai pas du tout été déçue, mais alors pas du tout !

Ce qui fait la force de ce roman pour moi, se sont les personnages. Ils changent de l'ordinaire : on ne trouve pas de personnages comme ça habituellement dans la littérature young-adult (ou alors c'est juste moi qui n'en ai pas croisés). Les personnages sont originaux, tout en restant incroyablement réels. Ils ne sont pas surfaits ou stéréotypés : ils sont humains.

Dans ce roman, nous suivons Tori une adolescente de 16 ans plutôt pessimiste, assez cynique et légèrement misanthrope (mais juste un tout petit peu). J'ai adoré ce personnage ! Je m'y suis énormément attachée. On ressent vraiment qu'elle n'a pas été inventée par un auteur de 55 ans aux préjugés sur l'adolescence. Je caricature bien entendu. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on sent que l'auteur était elle même adolescente quand elle a écrit ce livre. Elle arrive à rendre les personnages « réels » et proches de nous. En effet, je me suis beaucoup retrouvée dans Tori : pas dans le côté misanthrope et pessimiste du personnage, mais dans ses réflexions. Elle fait des remarques et a des interrogations dans lesquelles j'ai parfois retrouvé les miennes. Tori est aussi un personnage avec un franc-parlé (du moins dans ses pensées) sensationnel, elle ose dire les choses telles qu'elles sont. En bref, Tori est un personnage au caractère original, et on prend beaucoup de plaisir à être mêlé à ses pensées.
Tori va faire la rencontre de Michael Holden, un garçon d'un an de plus qu'elle. Michael n'est pas parfait, loin de là. Il a ses défauts, ses qualités. Il s'emporte parfois, est surprenant aussi. Il est d'humeur changeante, mais c'est ce qui le rend humain, et c'est ce qui fait que Michael Holden est Michael Holden et que je l'ai adoré.

L'intrigue tourne autour de « Solitaire » et du mystère qui l'entoure (vous découvrirez de quoi je parle si vous lisez ce livre). On a envie de savoir et de comprendre, même si Tori ne semble pas s'en soucier. Mais, on prend aussi énormément de plaisir à suivre le quotidien de la jeune fille. Car oui, l'histoire reste avant tout assez simple et « le mystère Solitaire » n'en occupe qu'une partie ; ce qui compte c'est la vie de Tori et c'est d'observer l'impacte que « Solitaire » va avoir dessus.
Dans ce roman, l'auteur fait de nombreuses références à des livres et à des films actuels et connus. Ces petites allusions ne sont pas grand-chose, mais donne l'impression que l'histoire est véritablement inscrite dans notre époque. Elles m'ont souvent fait sourire et m'ont sans doute rapprochée un peu plus des personnages.

Alice Oseman a une plume bien affirmée. Son style d'écriture est moderne et fluide. Les phrases sont courtes et suivent le cours des pensées de Tori. On passe donc parfois d'un sujet à un autre sans transitions ; et c'est ce qui rend cette plume moderne. En bref, ce roman est très bien écrit, et cela dans un style actuel et sans retenue.


J'ai eu beaucoup de mal à savoir si oui ou non, j'avais eu un coup de cœur pour ce roman. Et je pense que la réponse est oui. Oui, j'ai eu un petit coup de cœur pour l'Année Solitaire, car les personnages sont humains, sont attachants et que je ne suis pas prête d'oublier le caractère de Tori : son cynisme et son pessimisme pourtant si juste, ni d'oublier Michael Holden, un personnage beau à sa manière. Oui, c'est aussi un petit coup de cœur car la plume d'Alice Oseman fait du bien. Et oui, parce que j'ai dévoré ce roman en deux ou trois jours.



UN COUP DE CŒUR !

19 mars 2017

HARRY POTTER ET L'ENFANT MAUDIT - JACK THORNE & JOHN TIFFANY

« Il n'existe pas de réponse parfaite dans ce monde d'émotions et de désordre. La perfection est hors de portée de l'espèce humaine, hors de portée de la magie. Dans chaque instant rayonnant de bonheur, il y a cette goutte de poison : la conscience que la douleur reviendra. Pour un humain, souffrir, c'est comme respirer."



Titre : Harry Potter et l'enfant maudit

Auteur : Jack Thorne, John Tiffany, J.K Rowling

Édition : Gallimard Jeunesse

Pages : 341

Prix : 21€

Résumé :

Être Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.



Mon avis :

Bien qu'étant une inconditionnelle fan de Harry Potter, je ne me suis pas jetée sur ce livre. Au contraire, j'étais même très sceptique à l'idée que « J.K Rowling écrive une suite », car pour moi toute bonne saga doit avoir une fin, et celle de Harry Potter était parfaite.
C'est donc uniquement quand je l'ai vu par hasard à la bibliothèque, que j'ai décidé de le lire (bien que je m'étais tout de même fait volontairement spoilée l'histoire au préalable).
Je ne vais pas y aller par quatre-chemins, autant vous dire tout de suite de but en blanc, que pour moi cette pièce de théâtre est médiocre.

On retrouve dans cette pièce de théâtre un nombre assez conséquent de personnages déjà présents dans Harry Potter. Pourtant, je n'avais pas l'impression de les reconnaître. Harry et Ron (pour ne citer qu'eux) sont méconnaissables et pas dans le bon sens du terme. En effet, Harry est un personnage devenu exécrable, insupportable, parfois vraiment stupide et qui se comporte de façon incompréhensible. On se demande souvent ce qui lui passe par la tête pour faire ou dire de telles absurdités, qui sont loin d'être toujours très tendres. Ron quant à lui est devenu un "pseudo Fred", qui passe pour un profond idiot et qui ne sait faire que des blagues ridicules. Non, je suis désolée, Ron est bien plus que cela : ce n'est pas un personnage boute-en-train abruti même s'il a de l'humour, c'est un personnage au caractère complexe.
Dans cette pièce de théâtre, on fait le connaissance de deux personnages importants : Albus et Scorpius. Scorpius est un personnage dont j'avais entendu beaucoup de bien. Pourtant, il ne m'a pas marqué tant que cela et me semble même un peu fade. Albus, le personnage principal de cette histoire, est quant à lui insupportable. On ne comprend pas très bien ces motivations. En effet, même s'il ne vit pas une vie très facile, cela ne justifie pas qu'il agisse de la sorte sur un coup de tête. En bref, j'avais envie de le baffer tout au long de l'histoire. Le problème ne vient pas que du personnage, je le sais bien, mais aussi de l'intrigue qui semble tellement irréfléchie que c'en est affligeant.

Vous l'aurez compris l'intrigue ne m'a pas du tout plu. Il est assez difficile d'expliquer pourquoi sans trop vous en dire. Mais pour faire simple, disons que le scénariste a choisi un prétexte stupide et incohérent pour pouvoir mettre en scène une succession d'actions qui devait permettre aux lecteurs et aux spectateurs de retrouver l'univers familier des 7 tomes de Harry Potter. Seulement, ça ne tient pas la route. L'élément déclencheur choisi est grotesque, les péripéties semblent irréfléchies, et les actions effectuées par les personnages ont des conséquences incohérentes. Au bout du compte, est-ce qu'on y croit ? Non. Au contraire, on a plutôt l'impression de lire une mauvaise fanfiction. Et encore, je ne vous parle même pas d'un nombre énorme de détails qui sont incohérents avec l'univers crée par J.K Rowling.
Il faut être objectif : ce n'est pas parce que « c'est Harry Potter » que c'est bien. Cette pièce de théâtre n'arrive à la cheville d'aucun des 7 tomes de la saga, et on ne retrouve clairement pas la magie de l'univers.

Si je dois tout de même accorder quelque chose de positif à cette pièce de théâtre, c'est qu'elle se lit très bien, très facilement et que la forme « théâtre » ne m'a personnellement pas dérangée. De plus, je dois avouer que je serais tout de même curieuse de la voir jouée sur scène, car les effets spéciaux et les décors décrits dans les didascalies doivent être assez grandioses. En lisant la pièce, on a du mal à visualiser ce que cela peut donner, et on se demande comment les metteurs en scène peuvent s'y prendre pour créer cela.

On aura beau dire tout ce qu'on voudra, pour moi cette pièce de théâtre ne sera jamais la suite ou « le 8ème tome » de Harry Potter. Je la considère comme une sorte de mauvaise fanfiction, au scénario et aux personnages incohérents, ridicules et grotesques, qui cependant aurait été publiée.




GROTESQUE ET INCOHÉRENT !


3 mars 2017

MA RAISON DE VIVRE - REBECCA DONOVAN

« Il avait aperçu mon monde, et je n'aimais pas la manière dont ce monde se reflétait dans ses yeux. »


Titre : Ma raison de vivre

Auteur : Rebecca Donovan

Édition : PKJ 

Pages : 537
 
Prix : 18,90 €




Résumé :

Emma a tout fait pour empêcher Evan d'entrer dans sa vie. Non pas parce qu'il la laisse indifférente, bien au contraire, mais parce que personne ne doit savoir. Savoir qui elle est vraiment, quelle est son histoire et, surtout, ce qui l'attend tous les soirs, quand elle rentre chez elle...




 Mon avis :


Je me suis plongée avec hâte dans ce roman dès que je l'ai pu car j'en avais entendu énormément de bien. Pourtant ma lecture ne s'est pas révélée aussi sensationnelle que ce que j'aurais pu espérer.

Dans ce roman nous suivons Emma, un personnage intéressant, complexe qui cache un secret douloureux. Sur ce point j'ai été légèrement déçue d'ailleurs car j'avais deviné ce secret bien avant d'ouvrir le livre … Mais passons. On s'attache assez facilement à Emma et on se met très vite à sa place. Cependant bien que je comprenne le point de vue du personnage, j'avais parfois envie de la secouer (bon, j'avoue que je me trouvais très injuste de penser cela). Emma va faire la rencontre d'Evan, un personnage que je n'ai pas su apprécier. Pourquoi ? Eh bien parce que Evan est beau, gentil, intelligent, serviable, … En somme, il est censé être le garçon parfait qui en plus de cela, s'intéresse à la fille en détresse que personne ne remarque. Un vrai stéréotype ! En bref, bien que je ne le déteste pas, j'ai l'impression d'avoir rencontré ce genre de personnage des millions de fois et j'en suis terriblement lassée, d'autant que cela apporte du cliché à l'histoire qui en comporte déjà beaucoup.

L'intrigue est prenante. On a toujours envie de savoir ce qui va se passer, on tourne les pages avec avidité. L'auteure a si bien su me plonger au cœur de l'histoire, qu'à plusieurs reprises je me suis retrouvée les larmes aux yeux ! (Et comme je suis un peu masochiste, j'adore quand les auteurs réussissent à faire passer de telles émotions !).
Ce qui m'a dérangé dans l'histoire, c'est le côté très cliché de la vie que mène les personnages. Ce sont des adolescents de 16 ans, qui sont quasiment tous ultra-riches. Ils vivent presque tous dans de grandes villas, où ils organisent d'immenses fêtes presque tous les samedis. Sur ce point l'histoire m'a vraiment horripilée ! Je ne me suis pas du tout reconnue dans ces personnages pourtant de mon âge, et le rapport à l'argent est vraiment abordé de façon très désagréable.
La fin quant à elle est magistrale ! Elle laisse un suspense insoutenable ! En refermant le roman, on ne veut qu'une chose : connaître la suite ! Cette fin est amenée par une succession d'événements : tout s'enchaîne, le suspense monte d'un cran jusqu'à atteindre son point culminant à la toute dernière page.

La plume de Rebecca Donovan est simple, efficace mais loin d'être transcendante. On se laisse vite transporter dans son histoire racontée du point de vue d'Emma dont on partage toutes les pensées. Ce style simple rend cependant la lecture très fluide.

En bref, Ma Raison de vivre est un roman qui m'a fait passé un moment de lecture agréable malgré un certain nombre de points négatifs.

L'histoire est intéressante et prenante et la fin laisse un suspense formidable. L'auteure sait partager de fortes émotions à travers un sujet sensible. Mais pour moi, elle ne va pas assez loin concernant le traitement de ce sujet, qui est traité de façon un peu trop simpliste. Le roman comporte également quelques longueurs et est beaucoup trop stéréotypé à mon goût.



UNE LECTURE AGRÉABLE, MAIS TROP STÉRÉOTYPÉE !